Agresseur dénoncé\exclu s’affichant publiquement en toute impunité ?!

francois ark

J’ai vue circuler cette photo sur facebook et voulais simplement informer (ou rappeller) aux gens que ce dude a été dénoncé pour agression sexuelle en 2015 (en plus d’être finalement exclu du COBP) et n’a pas fait de réflexion ou du processus depuis afin d’être redevable envers la survivante et la commaunauté. C’est quand même troublant de le (re)voir (encore) un micro à la main, s’affichant publiquement sans gêne et en position de pouvoir. S’il veut contribuer à la lutte, qu’il le fasse de manière invisible ou bien en réfléchissant (réellement) à ses comportements machistes, comme il lui avait été suggéré par plusieurs personnes au moment de la dénonciation.

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Les abstentionnistes, ces extra-terrestres étranges

Je n’écris pas ce texte parce que je juge les personnes qui votent (ok oui on s’entend que les gens qui ont voté PQ, PLQ ou CAQ je les juge). J’écris ce texte parce que je me sens jugée et que je sens que j’ai à me justifier. Et aussi, si ça peut en aider quelques-un.e.s à mieux comprendre et s’informer, tant mieux !

Mythes et préjugés entourant les abstentionnistes:

« Les personnes qui ne votent pas, ne souhaitent pas un changement »

C’est faux. L’idée que les abstentionnistes sont blasé.e.s et se fouttent du sort de la population est un mythe. Bien sûr il existe des gens pour qui les raisons de ne pas aller voter n’ont rien de consciemment politique (quoi qu’en soi, le fait que les tranches de la population qui votent le moins sont les plus marginalisés, est politique en soi). Mais pour moi et pour beaucoup d’autres personnes, c’est un choix politique et réfléchi. Et au contaire, on veut un monde meilleur, comme vous. On veut juste utiliser un moyen différent pour y parvenir. On appelle ça la diversité des tactiques.

« Les personnes qui ne votent pas sont paresseuses. »

Encore une fois, ne pas voter peut être un choix politique, donc ce n’est pas par paresse, c’est par conviction. Et choisir d’utiliser d’autres moyens de faire avancer les choses, de lutter, comme créer des comités et collectifs, réfléchir collectivement, s’organiser, manifester, faire un travail d’éducation et de mobilisation etc.. c’est un travail très ardu qu’on ne ferait pas si nous étions paresseux.ses. À la limite, c’est beaucoup plus facile d’aller voter une fois aux quatre ans. (Quoi qu’il est possible de voter et se mobiliser aussi, on ne le nie pas).

Arguments sur pourquoi il faut voter:

C’est notre devoir de citoyen

Selon qui? Même si tout le monde le répète, cette idée vient d’abbord de ceux qui veulent qu’on les élisent et veulent être au pouvoir pour nous gouverner. Un argument qui vient initialement des gens qui tentent de nous convaincre de les amener au pouvoir n’est pas crédible à mes yeux.

Et les devoirs et/ou responsabilités sont multiples. Voter n’est clairement pas la seule et unique façon d’agir politiquement, ça c’est de l’apathie et l’apathie mène à la tolérance des xénophobes. Par l’apathie, les personnes, les citoyen.ne.s participent à la montée de l’intolérance. Nous ne faisons pas partie de ces acteur.ice.s

On doit voter pour le moins pire

Voter pour le «moins pire» pour éviter qu’un parti plus à droite soit élu. Je comprends l’idée et suis quand même d’accord dans la mesure où je préfère que ce soit un parti plus à gauche et plus près de mes valeurs qui soit au pouvoir. Ceci dit, l’idée du «moins pire» me pose un problème. C’est comme de choisir son bourreau… celui qui fera moins mal, qui aura moins de conséquences. En mon sens, ce n’est pas logique.

Il y en a aussi qui votent vraiment pour un parti qui, selon elles et eux, n’est pas seulement le «moins pire» mais qui représente réellement et entièrement leurs valeurs. Tant mieux. Mais par expérience, mêmes les partis qui semblent «moins pires» ou plus «à gauche» finissent par revenir sur leurs promesses et devenir des partis plutôt de centre ou même de droite. Prenons l’exemple du PQ qui semblait être de gauche il y a longtemps mais que, sous Marois, a augmenté les frais hydroélectriques, indexé les frais de scolarité (ce qui revenait au même que la hausse proposée par les Libéraux), coupé dans les CPE et proposé une Charte des valeurs raciste et xénophobe. On dit que la folie c’est de refaire la même chose en s’attendant à un résultat différent… Peut-être qu’il est temps d’essayer autre chose?

Voter, c’est utiliser la voie de la démocratie

Oui il y a des pays où la dictature règne. N’empêche que pour moi la démocratie ce n’est pas de choisir qui va prendre des décisions à ma place. Ce n’est pas cohérent avec la vision féministe. Et la démocratie ne s’exécute certainement pas une fois aux 4 ans et manière si peu représentative.

Si on ne vote pas, on n’a pas le droit de chialer

Euh… Voter ou non n’enlève pas le droit de chialer. La liberté d’expression est un droit fondamental dans la Charte des droits et libertés. Donc chialer est un droit, tout comme voter. Tout comme ne pas voter. En plus, ne pas voter pour le parti qui est au pouvoir nous donne certainement le droit de chialer contre lui. C’est plutôt celles et ceux qui votent pour ce parti qui ne devraient pas chialer.

Des femmes se sont battues et sont mêmes mortes pour le droit de vote

Oui et on les remercie de s’être battues pour avoir le même droit que les hommes. Ceci étant dit, elles se sont battues pour un droit et non une obligation. Et elles se sont battues aussi pour avoir le droit d’avoir le choix, donc de pouvoir aussi choisir de boycotter les urnes. Les lègues des luttes féministes, c’est une aspiration à ne pas être contrôlées, une aspiration à la liberté, l’autonomie, l’indépendance. Fuck that un argument qui tente de nous imposer un sentiment de honte de soi disant manquer de loyauté envers les féministes du passé. Et il ne faut pas oublier que le droit de vote, elles ne l’ont pas eu en votant, il y a donc de multiples façons d’être entendu.es et de faire avancer les choses, pas seulement en cochant une case.

C’est à cause des abstentionnistes que les partis au pouvoir sont élus

Faux. C’est parce que des gens ont voté pour eux. Et parce que le système électoral est pourri et ne représente pas réellement et proportionnellement pour qui les citoyen.ne.s ont voté.

Conclusion

De toute façon, au final, ce sera toujours la faute des autres, et pas la faute de celles et ceux qui ont voté pour le parti au pouvoir, ou la faute du système électoral défaillant, ou la faute des dirrigeant.e.s qui refusent de remettre en question le système capitaliste. Même parmis les personnes qui votent, il y a une division et des blâmes (il faut voter stratégique, il faut que les partis se rallient, blablabla). Alors peu importe le choix qu’on fait, on se fait blâmer. Je préfère donc rester en cohérence avec mes valeurs, plutôt que de chercher à faire ce qui est moralement acceptable.

Personnellement, je comprends l’envie de voter. Ce n’est pas populaire de ne pas voter, malgré que c’était l’option la plus populeuse encore cette année. C’est mal vu. On se sent vraiment marginal et méprisé.e par la société, par notre famille, nos ami.e.s. Et on entend un discours dominant selon lequel la démocratie c’est de voter une fois aux quatres ans et à force d’entendre ce discours, alors on finit par l’internaliser et y croire.

En espérant que ce texte en éclaire quelques-un.e.s.

Ce texte a été réfléchi et écrit en collaboration avec deux ami.e et camarades abstentionnistes féministes.

La violence psychologique dans les couples lesbiens : Briser le silence et le tabou

À chaque fois. À. Chaque. Fois. Que je sors d’une relation de violence, qu’elle soit physique, sexuelle ou psychologique. De la part d’une membre de la famille, d’un ami, d’un amoureux ou maintenant d’une amoureuse. Je me dis que c’est pas possible. Que le dénominateur commun c’est moi. Que je suis folle. Que c’est impossible de multiplier les relations d’abus comme ça. Que je dois être à blâmer. Ce fameux blâme, cette honte qui m’habite. Ce fu-cking. Doute. Qui fait aller mes pensées d’un côté: « C’était peut-être pas de la violence psychologique, peut-être pas du contrôle, peut-être pas de la manipulation ». Puis de l’autre « Fais-toi confiance, à tes connaissances, à comment tu te sens, tu n’est pas folle, tu sais de quoi la violence a l’air». C’est épuisant, tellement drainant.

Le doute: la pire des violences

Le doute était sans cesse présent. Oui pendant la relation, mais aussi après. Je croyais qu’en mettant fin à cette relation, la violence cesserait. Mais non. Ses mots, « pourquoi tu restes avec moi si tu penses que je suis violente », « je ne suis pas violente », « je me reconnais pas dans le gaslighting », « c’est un problème de communication » continuent de résonner dans ma tête et de nourir le doute. Je continue à perpétuer sa violence en me répétant ce qu’elle me disait pour se déresponsabiliser et refuser d’admettre ses comportements violents. Et c’est ça le truc. Faire douter l’autre, la faire sentir folle, la faire douter de ses perceptions pour mieux la contrôler. Et c’est aussi la pire conséquence à mes yeux.

Le syndrôme de l’imposteure

Mais il y a aussi les stéréotypes liées à la violence conjugale qui me font douter. Parce que la violence psychologique est plus subtile et insidieuse et difficile à « prouver ». Parce que la violence dans un couple lesbien, n’est pas encore reconnue, parce que supposément qu’on est égales parce qu’on n’est pas des hommes cis, donc c’est nécessairement un «conflit» ou un «manque de communication» et non de la violence.

Briser le doute

Heureusement que mon intervenante existe. Que mes ami.es existent. Et que les textes qui traitent de la violence psychologique au sein des couples lesbiens existent. Ce sont ces personnes qui me permettent de retracer l’historique de contrôle, de manipulation et de gaslighting dans la relation. Ce sont ces textes qui me permettent de me retrouver dans le vécu de d’autres et de me valider et atténuer le doute.

L’écriture pour briser le silence

Et il y a aussi l’écriture. Le fait d’écrire mon vécu, de me relire et de m’auto-valider. Mais aussi de publier mes textes, d’être lue, d’être entendue et d’être validée par des lecteur-ice.s, de briser le silence qui nourrit le doute et la honte, ça me permet de reprendre un peu de pouvoir.

Malheureusement depuis ma dernière rupture, j’ai souvent hésité à partager mon histoire sur internet, par peur de représailles de mon ex. Mais j’ai fini de modifier mes comportements par peur des réactions de cette personne. C’est donc la première fois que je partage publiquement ce que j’ai vécu et que je brile le silence.

Une réforme de l’IVAC: un projet réaliste

À travers le buzz médiatique autour du rassemblement devant les bureaux de l’IVAC, la lettre à la Ministre de la Justice et la pétition pour une réforme de la loi de l’IVAC qui circule, une femme nous a partagé des informations forts pertinentes à travers son témoignage. Non seulement son témoignage confirme que nos revendications sont réalistes, mais il existe un programme similaire à l’IVAC en Colombie-Britanique qui semble bien plus adapté aux victimes d’agressions sexuelles. Le Crime victim assistance program ne contient pas des critères aussi restrictifs que celui que nous avons au Québec.

«Pour ma part, j’ai bénéficié du Crime victim assistance program de la Colombie Britannique et ces critères que vous dénoncez ne sont pas exigés dans cette province: il n’y a ni limite de temps pour les victime d’agressions sexuelles et il n’y a pas d’obligation de rencontrer un médecin. Je voulais vous partager cette information pour montrer que ces critères sont absolument inutiles et nuisibles! »

Effectivement, en faisant des recherches sur la page du dit organisme, on peut y lire qu’ «Aucune limite de temps n’est imposée aux demandes émanant de victimes d’agressions sexuelles. »1 Notre demande d’abroger ce critère est donc très réaliste.

Dans le même ordre d’idée la femme nous partage ceci:

«J’ai pu bénéficier d’heures de thérapies payées par le crime victim assistance program. Ces heures peuvent être utilisées à mon rythme et il n’y pas de limite de temps, encore une fois, pour s’en prévaloir. »

C’est donc de dire que le rythme de la victime d’agression sexuelle est respecté, pas seulement pour ce qui est du moment de la demande, mais aussi dans l’utilisation des services.

Mais si les victimes n’ont pas à présenter un diagnostic de leur médecin, comment font-elles la preuve de l’acte criminel?

«Il se sont basé sur mon témoignage, le témoignage de deux ami-e-s qui ont attesté que je leur avais mentionné avoir subi une agression sexuelle et une lettre d’une sexologue que je rencontrais du Centre d’aide au victime d’agression sexuelle du Montréal. Ça laisse quand même de la latitude de ne pas passer par le système médical et policier.»

Effectivement, sur leur site internet ils mentionnent: «Vous êtes admissible aux indemnités, que vous poursuiviez ou non l’auteur en justice. »1 Donc, nul besoin d’avoir porté plainte pour obtenir de l’aide.

Et semblerait que pour accepter une demande, cela ne nécessite pas l’opinion «d’expert.e.s» comme d’un.e médecin. On valorise beaucoup plus le témoignage de la victime. Quand on sait que le besoin d’être cru est primordial dans le processus de guérison, ça nous semble évident que cette façon de procéder soit utilisée  déjà ailleurs au Canada.

Chère Ministre de la Justice, Stéphanie Vallée et Direction de l’IVAC… prenez donc exemple sur la Colombie-Britanique et réformez la loi de l’IVAC.

Cliquez ici pour signer (et partager) la pétition qui demande à la ministre de la justice de modifier la loi de l’IVAC afin qu’elle soit adaptée aux besoins et réalités des victimes d’agressions sexuelles. Partagez largement, on se donne jusqu’au dimanche 14 mai pour atteindre notre objectif de 300 signatures!

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Mme_Stephanie_Vallee_Ministre_de_la_Justice_Pour_reformer_la_Loi_sur_lindemnisation_des_victimes_dactes_criminels/?aIoPrbb

Pétition pour une aide adapté aux besoins des victimes d’agressions sexuelles

SVP signez la pétition qui demande à la Ministre de la Justice Stéphanie Vallée des changements au niveau de la loi de l’IVAC et de la formation des agent.e.s afin de répondre adéquatement aux besoins des victimes d’agressions sexuelles:

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Mme_Stephanie_Vallee_Ministre_de_la_Justice_Pour_reformer_la_Loi_sur_lindemnisation_des_victimes_dactes_criminels/?aIoPrbb

Lettre collective à la Ministre de la Justice

Suite au rassemblement, mes collègues et moi avons décidé d’envoyer une lettre collective à la Ministre de la Justice, réitérant nos revendications. En souhaitant que cela fasse bouger les choses!

Madame la Ministre,

Nous sommes plusieurs femmes survivantes d’agressions sexuelles et alliées qui se sont rassemblées devant les bureaux de L’IVAC le 24 avril dernier afin de demander des changements de votre part et de la direction de l’indemnisation des victimes d’actes criminels.

Nous souhaitons vous interpeller directement afin que la loi de L’IVAC soit modifiée pour être plus adaptée aux besoins et réalités des victimes d’agressions sexuelles qui se trouvent à être une majeure partie des demandes des services de l’IVAC.

D’abord le délai de prescription de deux ans est beaucoup trop court. Il nous appert être important de respecter le rythme des victimes d’agressions sexuelles dans leur processus de guérison. Et sachant qu’il n’existe pas de délai de prescription pour porter plainte pour agression sexuelle au criminel, nous considérons qu’obtenir du soutien d’un organisme venant en aide aux victimes, devrait aussi être possible, peu importe le temps écoulé.

Ensuite, l’obligation de présenter un diagnostic d’un médecin au moment de la demande, un critère ajouté il y a cela un an, est un critère que nous souhaitons voir annulé. Nous ne comprenons pas pourquoi avoir changé la loi afin de rendre l’accès aux victimes plus difficile. Rare sont les personnes qui ont un médecin de famille, et même lorsqu’on en a un, dévoiler une agression devant un médecin homme inconnu, est une autre forme de revictimisation.

Nous demandons aussi que le critère de la faute lourde tel que définit par le Tribunal Administratif du Québec, soit revu puisqu’aucune victime d’agression sexuelle, quel que soit le contexte dans lequel elle a été agressée, n’a provoqué ni même contribué à l’acte criminel. Nous croyons que ce critère ne devrait jamais s’appliquer dans le cas d’une agression sexuelle.

Finalement, nous exigeons que les agents et agentes qui interviennent directement ou indirectement avec les victimes, aient une formation obligatoire sur les mythes et réalités des victimes d’agressions sexuelles afin d’être mieux outillé.e.s dans leurs échanges avec celles-ci et pour éviter d’être biaisé.e.s par leurs propres perceptions et ainsi prendre des décisions éclairées dans leurs dossiers.

Tel que vous l’avez mentionné à Radio-Canada, nous vous demandons de vous encquérir du dossier rapidement et de tenir votre promesse.

Nous aimerions aussi vous rencontrer afin de discuter de nos revendications pour faire changer la loi de l’IVAC.

Respectueusement,

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Signez notre pétition qui demande des changements sur la Loi de L’IVAC et la formation des agent.e.s:

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Mme_Stephanie_Vallee_Ministre_de_la_Justice_Pour_reformer_la_Loi_sur_lindemnisation_des_victimes_dactes_criminels/?aIoPrbb

Lettre à la Ministre de la justice

Avant l’organisation de la mobilisation autour de l’accès aux victimes d’agressions sexuelles aux services de l’IVAC, j’avais déjà entrepris des démarches pour interpeller la Ministre de la Justice, notamment sur mon expérience retraumatisante au Tribunal Administratif du Québec (TAQ). C’était lorsque je contestais la décision initiale de refus de l’IVAC. Voici la dite lettre.

4 Décembre 2016

Madame Stéphanie Vallée
Ministre de la Justice et Procureure générale
Ministère de la Justice Édifice Louis-Philippe-Pigeon
1200, route de l’Église, 9e étage
Québec (Québec) G1V 4M1

Madame la Ministre,

En tant que Ministre de la justice et Procureur générale, vous êtes responsable de la Loi sur l’aide aux victimes d’actes criminels. J’ai cru bon de vous partager mon expérience au Tribunal Administratif du Québec et plus précisément avec l’avocate qui vous représentait dans mon dossier.

Je sais que vous êtes au courant des délais déraisonnables d’attente à l’IVAC, mais aussi au Tribunal administratif du Québec. Ça aura pris deux ans avant que je sois entendue devant ce tribunal. Considérant que ma demande était d’avoir des soins thérapeutiques suite à une agression sexuelle, deux ans c’est beaucoup trop long. Je vous avouerai que c’était tellement difficile de lutter pour avoir accès à des soins, que j’ai voulu oublier cette expérience et passer à autre chose. Mais comme j’avais fait l’effort d’entamer ce processus, j’ai voulu aller jusqu’au bout.

Malheureusement, aller jusqu’au bout pour moi a été retraumatisant. Non seulement parce que je devais raconter à nouveau l’agression que j’ai subie à des étrangers, mais aussi parce que l’avocate assignée à mon dossier qui vous représentait en tant que Procureur générale m’a humiliée par ses propos insensibles.

On s’entend, qu’à la base, je n’avais pas le même fardeau de preuve qu’une personne qui porte plainte au criminel dans le but de faire emprisonner son agresseur. Je souhaitais seulement que l’IVAC reconnaisse que j’avais été victime d’un acte criminel, que j’avais des séquelles et qu’on couvre des soins thérapeutiques.

Cependant, l’avocate qui représentait le Procureur général a utilisé tous les moyens possibles pour argumenter sans égard à la personne qui se trouvait devant elle. Je sais que dans la stratégie gouvernementale en matière de violence sexuelle, une partie était dédiée à mieux informer les avocats sur les réalités des victimes, mais qu’en est-il de ceux qui travaillent au Tribunal administratif du Québec ? Que l’avocate me dise que le consentement c’est un «continuum» et que si j’embrasse la personne c’est à moi de lui dire d’arrêter si ça va plus loin. Qu’elle me dise que mon comportement «cadre mal» avec celle d’une personne victime d’une agression parce que j’ai revu la personne qui m’a agressée par après. Tout cela fait partie de mythes et préjugés liés à la culture du viol et je trouve inconcevable que ce genre de propos soient utilisés devant un tribunal contre une victime sans défense et qui n’est pas représentée par un avocat parce que je n’avais pas les moyens d’en payer un.

Pour moi, les arguments de cette avocate ne reposaient aucunement sur le Code criminel, simplement sur sa perception de ce qu’est une agression et une victime. J’ai moi-même  contre-argumenté en faisant référence au Code criminel (à l’aide de documents se trouvant sur Éducaloi). Malheureusement le juge est allé dans le sens de l’avocate et a refusé ma demande.

Je ne cherche plus à être acceptée à l’IVAC ou à me faire payer une thérapie, j’en ai marre de lutter. Mais je crois important que vous sachiez comment ces institutions et personnes censées nous aider, traitent les victimes. Et que vous sachiez par quel enfer je suis passée (et je vous assure ne pas être la seule).

Et si je peux permettre à d’autres victimes d’avoir accès à des soins adéquats et ne pas être traitée comme je l’ai été, ce sera déjà cela.

Respectueusement: ****** ******